SECONDAIRE
Originalité, répétition et reconnaissance

SECONDAIRE est une exposition conceptuelle de Tatyana Sherstyuk qui explore l’originalité, la répétition, l’auctorialité, la circulation des images et l’économie de l’attention à travers une installation programmée dans le temps et un protocole performatif destiné aux visiteurs.

Concept intégral de l’exposition disponible sur demande.

SECONDAIRE

Concept original et texte © Tatyana Sherstyuk

SECONDAIRE

Concept d’exposition par Tatyana Sherstyuk

SECONDAIRE est une exposition conceptuelle qui explore l’originalité non pas comme une valeur artistique intrinsèque, mais comme une construction historique et temporelle. Plutôt que de considérer l’originalité comme une invention, le projet l’envisage comme une position relative au sein d’un cycle continu de répétition, de transposition, de déplacement et de retour. Il aborde cette condition avec ironie, non pas comme une satire, mais comme une méthode structurelle visant à révéler la manière dont la valeur, l'auctorialité et l’attention sont produites.

Dans une condition culturelle définie par la surproduction, le problème central n’est plus la création de nouvelles images, mais l’impossibilité d’assimiler pleinement celles déjà en circulation. Les images subsistent, migrent et réapparaissent sous de nouvelles conditions, tandis que l’attention devient de plus en plus fragmentée et monétisée. Dans ce contexte, l’originalité ne peut plus être comprise comme une invention pure, mais comme une reconnaissance dans la durée.

SECONDAIRE répond à cette condition en proposant une exposition qui ne se limite pas à une simple présentation d’œuvres, mais qui constitue un dispositif temporel et spatial destiné à structurer l’expérience de l’attention. L’exposition ne se limite pas à représenter la secondarité : elle la met en scène. Elle crée un environnement dans lequel les spectateurs ne passent pas d’une œuvre à l’autre, mais pénètrent dans un système de constellations temporelles où l’attention est mesurée, encadrée et ritualisée. De cette manière, l’exposition elle-même opère comme une solution au problème qu’elle aborde : une situation construite dans laquelle la durée, la récurrence et l’expérience du spectateur deviennent matériellement perceptibles.

Le temps comme matière

Chaque constellation est une expérience structurée dans un cycle temporel limité. Les sabliers servent à la fois à mesurer et à souligner l’ironie : ils quantifient l’engagement tout en mettant en évidence l’absurdité de mesurer la pensée. Dans un contexte caractérisé par la surproduction, le temps devient la ressource la plus rare. SECONDAIRE reformule l’attention comme une matière.

L’économie de l’attention

Le projet introduit une intervention symbolique : les visiteurs sont « rémunérés » pour le temps qu’ils consacrent à l’exposition. En matérialisant l'expérience du spectateur comme une transaction, SECONDAIRE interroge l’économie dans laquelle circule l’art. Le paiement ne constitue pas un incitatif. Il fonctionne comme un dispositif institutionnel déstabilisant, révélant l’asymétrie entre la production artistique, l'expérience du spectateur et la circulation de la valeur institutionnelle.

La position conceptuelle

SECONDAIRE n’est pas une exposition sur le plagiat. Il s’agit de la récurrence structurelle dans l’histoire de l’art et de l’économie contemporaine de l’attention. L’originalité y est envisagée non pas comme une valeur absolue, mais comme une position temporelle. En combinant des filiations dans l'histoire de l'art, l’architecture spatiale, des protocoles temporels et un modèle transactionnel de l’expérience du spectateur, le projet propose un format d’exposition dans lequel :

— le temps devient visible

— la répétition est reconnue

— l’auctorialité est déplacée

— l’attention devient matière

SECONDAIRE situe la secondarité non pas comme une déficience, mais comme la condition première de la forme contemporaine.

La structure de l’exposition

SECONDAIRE est organisée en sept constellations spatiales, chacune explorant un mode spécifique de secondarité artistique :

1. Citation
2. Appropriation

3. Répétition

4. Parodie / Ironie

5. Remake

6. Transposition

7. Pastiche

Chaque constellation réunit des œuvres provenant de différentes périodes historiques, allant de l’Antiquité à la pratique contemporaine, révélant des filiations de formes plutôt que des progressions linéaires. L’exposition évite toute hiérarchie : les œuvres coexistent au sein de structures cylindriques transparentes qui fonctionnent comme des diagrammes spatiaux. Les relations deviennent visibles sans qu’une prééminence soit imposée. La présentation des œuvres à l’intérieur des constellations combine reproductions, projections et éléments sculpturaux.

Le protocole du visiteur

L'exposition se déroule à travers des cycles temporels : les spectateurs pénètrent individuellement dans les constellations, les traversent de manière séquentielle et voient leur carte de participation perforée à la fin de chaque étape. Chaque cycle commence et se termine par un signal sonore discret et le retournement des sabliers. Après avoir parcouru l’ensemble du parcours, les visiteurs reçoivent un jeton, qu’ils peuvent soit conserver, soit déposer dans un récipient commun symbolisant la circulation de l’attention.

La disposition circulaire des constellations

temporelles Les visiteurs parcourent l’exposition un cylindre à la fois, selon des cycles synchronisés, rendant physiquement perceptibles l’attention, la durée et la répétition.

Concept et texte original par Tatyana Sherstyuk

© Tatyana Sherstyuk

© Tatyana Sherstyuk

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